T H O M A S

abbé-évêque de Honau (758/770)

Une notice du cartulaire du XVe siècle intitulé Bisthumb Honaw[1] ainsi que des textes des XVe et XVIIe siècles[2] mentionnent Thomas[3] comme abbé et évêque[4] du monastère irlandais de Honau[5]. Son abbatiat se place entre ceux de Dubanus[6] et de Stephanus[7].


[1] Wilsdorf Christian, Le monasterium Scottorum de Honau et la famille des ducs d'Alsace au VIIIe siècle. Vestiges d'un cartulaire perdu  (Francia 3, 1975, 1-87), p. 18-19. Un autre Thomas episcopus figure dans la même notice parmi des personnages qui semblent bien avoir été des Irlandais (cf. Eberl Immo, Das Iren-Kloster Honau und seine Regel [Veröffentlichungen des Europa Zentrums Tübingen. Kulturwissenschaftliche Reihe, 1: Die Iren und Europa im früheren Mittelalter, hrsg. von Heinz Löwe, Stuttgart, 1982, 219-238], p. 233).
[2] Cf. l'étude approfondie de Wilsdorf (supra n. 1), spécialement p. 10-13, 30-34, avec des extraits de la  chronique de Jacob Twinger von Koenigshoven (1400-1415), texte publié par C. Hegel, Die Chroniken der deutschen Städte vom 14. bis 16. Jahrhundert, 9, Leipzig, 1871, p. 637-639, fragment traduit par Wilsdorf p. 31, et de Jodocus Coccius, Dagobertus rex Argentinensis episcopatus fundator praevius, 1623, fol. 130-136, reproduit par Wilsdorf p. 78 (cf. Hammer Nicole, Die Klostergründungen der Etichonen im Elsass, Marburg, 2003, p. 60).
[3] Aucun document contemporain (charte, diplôme, …) ne vient attester son existence.
[4] Sur l'institution de l'abbé-évêque de Honau, cf. Bornert René, Les monastères d'Alsace, I: Les monastères primitifs (VIe-IXe siècle), Strasbourg, 2009, p. 400-402; Eberl (supra n. 1), p. 228-229; Wilsdorf (supra n. 1), p. 53; Frank Hieronymus, Die Klosterbischöfe des Frankenreiches (Beiträge zur Geschichte des alten Mönchtums und des Benediktinerordens,17), Münster in Westfalen, 1932, p. 103-109.
[5] Il faut se représenter cette insula Honaugia (= île surélevée) non comme une île au milieu du Rhin, "mais comme une superficie assez étendue de terres, une sorte de polder fluvial, entourée par les bras irréguliers du Rhin" s'étendant sur le territoire actuel de la commune alsacienne de la Wantzenau, située à une dizaine de kilomètres au nord de Strasbourg) et de la commune badoise de Honau (Allemagne, Baden-Württemberg, comm. Rheinau, Ortenaukreis) qui formaient primitivement et assez longtemps un tout indivis. L'emplacement exact du monastère primitif n'est pas connu avec exactitude. Quelques siècles plus tard, les lieux devinrent inhabitables et le monastère Rhinau en amont de Strasbourg, puis à Saint-Etienne de Strasbourg (Bornert, supra n. 4, p. 393, 395-397419-420 n° D 12 et D 13 avec plan du XVe siècle p. 396). Un monasterium Scottorum y est fondé dans les années 720/722 (Hammer, supra n. 2, p. 57-69; G. Michiels, article "Honau" dans Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, 24, Paris, 1993, c. 980-981; A. M. Burg, article "Honau", dans Germania Benedictina, V: Baden-Württemberg, Ottobeuren, 1975, p. 313-317).
[6] Dubanus est encore attesté en 758 (MGH DK I, n° 10 p. 14-15).
[7] En 770, le roi Carloman, sur requête de l'abbé Stephanus, concède l'immunité au monastère. Des textes postérieurs lui donnent le titre d'évêque (MGH DK I, n° 50 p. 69-70).

30 mars 2011