D E S I D E R A T U S

chorévêque du Mans (? après 751)

Les Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium[1] rapportent qu'après que Pipinus princeps, rex Francorum[2], eut fait aveugler l'évêque Gauziolenus du Mans[3], celui-ci a eu des chorévêques[4], d'abord Seufredus[5], puis Desideratus et enfin Berthbodus[6].
Peut-être peut-on retrouver la souscription de Desideratus[7] au bas de la copie d'une précaire par laquelle Gauziolenus[8] concède divers biens en bénéfice à Adalbertus et Hagano en mars 756[9].


[1] Busson G. et Ledru A., Actus pontificum in urbe degentium (publiés par) (Archives historiques du Maine, 2), Le Mans, 1901, p. 258-259. Composés du temps de l'évêque Aldricus du Mans (en 837 selon Le Maître Philippe, L'oeuvre d'Aldric du Mans et sa signification 832-857, dans: Francia, 8, 1980, München-Zürich, 1981, p. 64), copies des XIIe/XIIIe et XVIIe siècles. Sur leur valeur historique, cf. Busson/Ledru, ibid., ainsi que Goffart Walter, The Le Mans Forgeries. A chapter from the history of church property in the ninth century (Harvard Historical Studies, 76, Cambridge), Massachusetts, 1966, et Havet Julien, Les Actes des Evêques du Mans, dans: Oeuvres, 7, Paris, 1896, p. 271-445 (= réimp. dans Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 54, 1893, p. 597-692 et 55, 1894, p. 5-60, 306-336).
[2] Ce serait donc après fin 751.
[3] Gauziolenus, évêque du Mans, attesté de 743/744 à 762.
[4] Aucune raison sérieuse ne permet de nier l'existence de ces trois chorévêques (cf. Gottlob Theodor, Der abendländische Chorepiskopat [Kanonistische Studien und Texte, 1], Bonn-Köln, 1928, ND Amsterdam, 1963, p. 16-19; Duchesne L., Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule,  t. 2e: l'Aquitaine et les Lyonnaises, Paris, 1910, p. 323-325).
[5] Seufredus n'est connu que par les Actus.
[6] D'après les Actus, Merolus (ici Merilo) succède à Berthbodus du temps du roi Charlemagne (Busson/Ledru, supra n. 1, p. 259-261), c'est à dire au plus tôt fin 768.
[7] Ego Degorpus [? = De(sideratus) chor(episco)pus] subscripsi. Un faux diplôme du roi (Childéric III 743-751, dans le texte Chilpéric)  mélange deux objets différents: il se présente comme la confirmation de l'immunité accordée à l'évêque Gauziolenus du Mans - peut-être en mars 743 - pour son monastère d'Anisola (aujourd'hui Saint-Calais) et de la remise en précaire de ce monastère par Gauziolenus à l'abbé Dido (MGH, Die Urkunden der Merowinger, hg. von Theo Kölzer, Hannover, 2001, I, n° 193 p. 480-482). Cet abbé étant inconnu autrement, Weidemann Margarete, Bischofsherrschaft und Königtum in Neustrien  vom 7. bis zum 9. Jahrhundert am Beispiel des Bistums Le Mans, dans: Beihefte der Francia, 16/1 (La Neustrie. Les pays au nord de la Loire de 650 à 850, publié par Hartmut Atsma, 1), Sigmaringen, 1989, p. 176 n. 62, propose de reconnaître Desideratus dans le Dido du faux. En effet, au VIIe siècle un évêque de Poitiers se nomme Desiderius/Dido, un évêque de Chalon Desideratus cognomine Diddo (cf. Ewig Eugen, Die Merowinger und das Frankenreich, 5. Auflage [Kohlhammer Urban-Taschenbücher, 392], Stuttgart, 2006, passim; Duchesne, supra n. 4, p. 84 n° 13, qui ne mentionne pas le nom Desiderius, p. 194 n° 12). Un argument allant dans ce sens, bien que faible, peut être tiré du fait que les Actus mentionnent leur lieu de sépulture pour les chorévêques Seufredus et Berthbodus, mais non pour Desideratus. D'autre part, le nom de Gauziolenus est déformé en Galliolenus dans la partie concernant la précaire. Et finalement, il semble que le monastère d'Anisola soit passé dans le domaine de l'église du Mans après 715 au plus tard (Weidemann, ibid., p. 175-176).
[8] L'évêque du Mans.
[9] Busson/Ledru, supra n. 1, p. 254-256; Ganshof F. L., Note sur une charte privée carolingienne datée de Jupille, dans: Mélanges Félix Rousseau. Etudes sur l'histoire du pays mosan au Moyen Age, Bruxelles, 1958, p. 309-310, étude de la charte p. 311-319; cf. Le Maître Philippe, Le corpus carolingien du Mans, vol. 1:Texte de l'étude; vol. 2: Pièces justificatives et annexes. Thèse pour le doctorat de troisième cycle, Faculté des Lettres et Sciences humaines de Paris X – Nanterre. U.E.R. d'histoire, Paris, 1980, dactylographiée, I, p. 299-304, II, p. 265; Goffart, supra  n. 1, p. 259.

1er mars 2009